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l’Economie sociale

 La situation actuelle a remis l'économie sociale et solidaire sur le devant de la scène en réponse aux problèmes rencontrés par le modèle économique dominant, notamment l'accroissement des inégalités et de l'exclusion, la détérioration des liens sociaux, la dégradation de l'environnement ainsi que les perturbations économiques et financières. Cette économie offre aujourd'hui diverses alternatives crédibles, telles que de nouveaux champs d'activité apparus depuis la fin du XXe siècle, qui répondent à des besoins sociétaux tels que le commerce équitable, l'insertion par l'activité économique et l'épargne solidaire.

A. Généralité sur l’Economie Sociale et solidaire :

L'objectif de l'économie sociale consiste à promouvoir des initiatives économiques et sociales basées sur des principes autres que la rentabilité et la rémunération du capital. Les acteurs de l'économie sociale, tels que les coopératives, les associations et les mutuelles, se caractérisent par la liberté d'adhésion, la primauté des personnes et du travail dans la répartition de leurs surplus et revenus (non-rémunération du capital), l'indépendance par rapport aux pouvoirs publics et la gestion interne démocratique. Plusieurs penseurs et réformateurs ont contribué au développement de l'économie sociale, notamment Robert Owen, fondateur du mouvement coopératif en Angleterre, Charles Fourier, promoteur des phalanstères, Philippe Buchez, sociologue à l'origine des associations ouvrières de production, Louis Blanc, créateur des ateliers sociaux, et Pierre Joseph Proudhon, inspirateur du mutuellisme et de l'autogestion.

L'économie solidaire, qui trouve ses origines dans l'économie sociale, a vu le jour dans les années 1970 sur des bases militantes en réponse à la crise économique et au chômage. Elle vise à répondre aux besoins non satisfaits et aux limites des politiques traditionnelles en proposant de nouveaux modes de production et des alternatives économiques basées sur la solidarité.

Au début des années 2000, ces deux concepts ont été fusionnés pour désigner un ensemble d'activités très variées partageant trois caractéristiques communes : un projet économique ancré dans le marché (basé sur un modèle économique viable, répondant à une demande et créant des richesses), une finalité sociale (visant à lutter contre l'exclusion, à créer des emplois durables et à valoriser un territoire) et enfin une gouvernance participative.

L'économie sociale et solidaire (ESS) désigne un ensemble d'initiatives économiques à but social qui contribuent à la création d'une nouvelle manière de vivre et de concevoir l'économie en mettant l'humain au centre du développement économique et social. Les structures qui la composent sont des groupements de personnes plutôt que de capitaux, et elles peuvent développer leurs activités aussi bien en France qu'à l'étranger.


B. Les spécificités de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) :

L'économie sociale et solidaire est définie par un ensemble de valeurs et de principes qui incluent la responsabilité individuelle, la liberté, la solidarité, la démocratie, l'égalité, et surtout la promotion du développement des citoyens.

Dans la définition de l'économie sociale et solidaire, on cherche à caractériser un ensemble de critères socio-économiques. Selon Jean-Louis Laville, qui a formalisé les principes de l'économie solidaire, ces critères se résument en trois points: l'implication des usagers dans la conception et la gestion des services, l'hybridation des ressources, c'est-à-dire la capacité à utiliser à la fois des ressources marchandes et non marchandes, et le développement des circuits courts pour éviter les intermédiaires. Le but est d'optimiser l'utilisation des ressources et de répondre aux besoins locaux en favorisant la participation citoyenne.

C. L’Economie Sociale et Solidaire dans le monde :

L'économie sociale et solidaire (ESS) est de plus en plus reconnue dans de nombreux pays comme une alternative de développement prometteuse. De nombreux pays africains ont mis en place des cadres politiques et juridiques pour promouvoir l'ESS ou confier son développement à des structures gouvernementales. Par exemple, le Mali bénéficie du soutien du Réseau national d'appui à la promotion de l'économie sociale et solidaire (Renapess) depuis 2005, pour développer des stratégies en faveur de l'ESS. Au Maroc, le gouvernement considère l'ESS comme l'un des piliers de la lutte contre la pauvreté, et a récemment annoncé une accélération de la stratégie nationale 2010-2020 pour encourager la création de coopératives et faciliter la commercialisation des produits. Pour mieux informer et communiquer sur l'ESS, un observatoire et un portail web dédiés seront créés, et la législation sera mieux encadrée pour favoriser le commerce équitable.

En 2004, en Afrique du Nord, le programme présidentiel "La Tunisie de demain" a été initié. Il a mis l'accent sur les organisations qui soutiennent une approche solidaire et la Banque tunisienne de solidarité a financé des microprojets dans le secteur privé. Les gouvernements ont adopté l'économie sociale et solidaire comme stratégie essentielle pour combattre la pauvreté et l'exclusion sociale, et pour améliorer les conditions de vie.

En Asie, on qualifie souvent l'économie sociale et solidaire comme l'« économie des gens », l'« économie compatissante » ou encore l'« économie basée sur la solidarité ». En 2007, les délégués de 26 pays se sont rassemblés aux Philippines pour participer au premier Forum asiatique de l'économie sociale et solidaire. Ils ont discuté de l'intégration d'une économie solidaire asiatique dans les politiques de leurs pays respectifs. Le Bangladesh est d'ailleurs considéré comme une référence internationale en matière de microcrédit.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, l'économie sociale et solidaire gagne de plus en plus en importance. Au Brésil, par exemple, les politiques publiques en faveur de l'économie sociale et solidaire ont été légitimées dès 2003 avec la création du Secrétariat national à l'économie solidaire (Senaes) au sein du ministère du Travail et de l'Emploi.









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