Depuis 1936, trois synthèses "keynésiennes-classiques" ont été développées, qui diffèrent considérablement par leur nature. La première est fondée sur l'interaction des marchés, la deuxième sur les équilibres à prix fixes, et la troisième utilise le domaine florissant de l'économie comportementale. Ces synthèses nous amènent jusqu'à l'époque la plus contemporaine, où l'on trouve des recherches visant à interpréter la crise financière de 2008 en utilisant des éléments de psychologie cognitive liés aux marchés financiers, qui ont été abordés par Keynes dès 1936, mais reformulés par les économistes actuels participant au développement de la théorie de la décision.
La "nouvelle économie", un terme apparu récemment, décrit l'ensemble des transformations qui affectent à la fois les biens, les services et les processus de production. Cette expression est couramment associée à la diffusion des technologies de l'information et de la communication, qui sont largement responsables de ces changements.
A. Le courant keynésien
Dans les années 30, Keynes a radicalement transformé la pensée économique en présentant une alternative au libéralisme. Il a théorisé l'effet positif d'une intervention publique dans l'économie et a été à l'origine de la montée de l'État-providence. L'approche keynésienne a dominé pendant les Trente Glorieuses, mais a été remise en question à partir des années 70.
1. Analyse macro-économique en terme de circuit
Le contexte de la crise des années 1930
Les indicateurs d'activité, tels que la production, l'emploi, le commerce extérieur et les prix, ont subi un renversement sans précédent en termes d'ampleur et de durée. Aux États-Unis, de 1929 à 1933, le PIB a chuté de 30 % et en 1936, 10 % de la population active américaine était au chômage. Bien que la crise ait été violente et soudaine aux États-Unis, avec le krach de Wall Street, elle a été plus atténuée et plus tardive en France et plus précoce en Grande-Bretagne, où la déflation avait commencé dès 1920. Selon Keynes, la crise était de nature structurelle. Il s'est opposé à l'analyse libérale de Pigou, qui considérait que le chômage était volontaire et lié à des taux de salaire trop élevés.
Les grands principes de l’analyse de Keynes
Selon Alan Blinder, la pensée keynésienne se compose de six traits principaux, dont trois concernent le fonctionnement de l'économie et trois sont liés aux politiques économiques. Les trois principes relatifs au fonctionnement de l'économie sont les suivants : la demande globale est volatile ; les fluctuations de la demande ont une plus grande incidence sur la production et l'emploi que sur les prix ; les prix, en particulier les salaires, répondent lentement aux changements de l'offre et de la demande. Sur cette base, les keynésiens proposent trois principes de politique économique :
Le niveau normal d'emploi n'est pas optimal car il est vulnérable à la fois aux caprices de la demande et aux ajustements de prix trop lents.
Certains keynésiens considèrent donc qu'il est nécessaire d'adopter des politiques de stabilisation.
Les keynésiens sont plus enclins à soutenir les politiques qui favorisent l'emploi que celles qui luttent contre l'inflation, bien que cela ne fasse pas l'unanimité parmi eux.
Possibilité de crises de surproduction durables
Les raisons de la situation sont les suivantes :
L'épargne n'est pas forcément réinvestie
La diminution des salaires accentue la chute de la demande de consommation.
Nécessaire intervention de l’état
Le concept de demande globale se réfère à la quantité de biens et de services que les consommateurs et les entreprises souhaitent acquérir à un prix donné. Deux moyens d'action sont possibles pour intervenir dans l'économie : la politique budgétaire, qui implique une augmentation des dépenses publiques et un déficit budgétaire, et la politique monétaire, qui consiste en une baisse des taux d'intérêt de la banque centrale.
Dans ses travaux, Keynes propose une théorie économique alternative au courant libéral, qu'il considère responsable de la crise mondiale de 1929. Pour remédier aux imperfections et aux effets néfastes du libéralisme, il préconise une intervention de l'État dans l'économie. Selon lui, l'État-providence, qui est chargé de réguler l'économie, doit remplacer l'État gendarme préconisé par le courant libéral.
Le processus proposé par Keynes est simple. Il s'agit de substituer un cercle vertueux au cercle vicieux de la crise économique. Pour y parvenir, l'État doit mettre en place une politique des grands travaux qui permettra de créer des emplois et de stimuler la production de richesses. Les cotisations sociales et fiscales ainsi générées contribueront à la croissance économique.
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